Ci- dessous vous allez étudier le note de lecture sur l'ouvrage d'Olivier Galland intitulant "Les jeunes "qui a été publié dans le dernier volume de la question de communication
Olivier Galland, Les jeunes.
Paris, Éd. La Découverte, coll. Repères, 2009, 124 p.
Olivier Galland est sociologue et directeur de recherche au cnrs (Groupe d’études des méthodes de l’analyse sociologique). Il a notamment publié dans la collection « Repères » Valeurs et cultures en Europe avec Yannick Lemel (2007). Selon l'éditeur, « dans Les jeunes, Olivier Galland illustre la notion de jeunesse en affirmant qu’elle recouvre une réalité foisonnante : la définition et les contours de la catégorie ont évolué au cours de l’histoire et aujourd’hui elle s’est décomposée en plusieurs séquences dans le cycle de vie » (verso du livre). Il ajoute que « il le fait aussi d’un point de vue sociologique en examinant les concepts qui permettent de définir la jeunesse et en décrivant les différentes phases qui mènent de l’enfance à l’âge adulte »(idem). L'auteur tente d’examiner les rapports que les jeunes entretiennent avec la société et distingue les tensions qui se manifestent par des formes de révolte. Il mène une analyse diachronique en montrant comment la catégorie « jeune » s’est cristallisée au fil de l’histoire sous l’influence des politiques d’encadrement. Dans l’introduction, l'auteur met en évidence que « la jeunesse a depuis longtemps été considéré comme un vecteur du changement sociale, soit, du coté des tenants de l’ordre, pour s’inquiéter de ses éventuels débordements, soit du coté des progressistes ou des révolutionnaires, pour se réjouir de sa capacité contestataire » (p. 3). Il souligne que « l’idéologie qui entoure le discours sur la jeunesse semble entrer constamment en décalage avec les comportements des jeunes eux-mêmes : ce que le discours dominant attend d’eux correspond rarement aux politiques sociales effectives de cette classe d’âge » (idem). En outre, il rappelle que « la jeunesse, au sens sociologique du terme, n’ait pas toujours existé »(p. 5). Selon lui, « dans les sociétés primitives, on ne distingue qu’entre l’enfance et l’âge adulte, l’adolescence n’étant que la très courte transition ; la jeunesse n’est pas de tous les temps, elle est une invention sociale, historiquement située, dont les conditions de définition évoluent avec la société elle-même » (idem).
L’ouvrage est structuré autour de cinq parties. Dans la première (pp. 6-20) titrée « La construction de la jeunesse », l’auteur démontre qu’« être jeune n’a pas signifié en tout temps la même chose ; il n’est même pas sûr que cela ait toujours signifié quelque chose » (p. 6). Il indique que « si la bourgeoisie a joué un rôle promoteur dans la reconnaissance de l'enfance et de l'adolescence, il ne faut pas négliger la place traditionnelle qui existait comme classe d'age reconnue et pourvue d'un rôle sociale effectif »(p. 12). Galland a tenté de distinguer trois types de jeunesses intitulé: La jeunesse bourgeoisie, la jeunesse ouvrière et la jeunesse traditionnelle tandis qu'on peut nommer surement les autres types qu'ils ont leurs caractéristiques propres comme celui d'aristocratie ou bien le type de la jeunesse moderne et et probablement les autres...!
Dans le chapitre2 (pp. 21-30), l’auteur se penche sur les premières tentatives d’encadrement et affirme que « ce seront les catholiques, moins exclusivement centrés sur l’école que les laïcs et les républicains, qui vont les premiers créer les institutions chargées de traiter la question juvénile » (p. 21).A la fin de ce chapitre, Il précise que « La jeunesse a été en tant que catégorie sociale, partiellement construite par les institutions inventées par les adultes pour l'encadrer ou la faire participer à leurs propres enjeux »(p. 27).
Quant au chapitre 3 (pp. 31-48) titré « Aux blousons noirs à la révolte étudiante », l’auteur pointe une réalité selon laquelle « les années d’après guerre [voient] s’affirmer l’expression d’une sociabilité et d’une culture juvénile originales dont "idoles", la presse des "copains" et, dans un versant moins standardisé, le phénomène des "bandes" avec toute la culture comportementale et vestimentaire qui leur est associée ». L’auteur ajoute que « la classe d’âge adolescent est ainsi définitivement constituée par le temps scolaire et invente sa culture propre. Puis il conclure que « cette irruption de la sociabilité juvénile dans une société adulte qui ne l’attendait pas et ne savait la gérer va créer les conditions d’un affrontement qui prendra plusieurs formes : celle, populaire, des bandes et des " blousons noirs", celle ensuite, dans les couches moyennes et à l’université, de la révolte étudiante » (p. 31).
Sur un autre plan, dans le quatrième chapitre (pp. 49-77) portant le titre « Les âges de la jeunesse », l’auteur a posé une question principale en essayant de définir la jeunesse comme : « une production historique liée principalement aux transformations qui ont affecté la socialisation et l'éducation, passés des seules mains de la famille à celles de l’école » (p. 49). Puis il s'interroge : « Cette définition de la jeunesse comme production institutionnelle puis culturelle de la prolongation scolaire suffit-elle aujourd’hui ? » (idem). Pour répondre à cette question il note que « de nouvelles façons de concevoir cet âge de la vie s’imposent car la jeunesse se prolonge dorénavant bien au-delà de la fin de scolarité ». En conclusion de ce chapitre, l’auteur distingue et nomme ces trois phases : l’adolescence, la post-adolescence et la phase « jeunes adulte ».
Dans le dernier chapitre (pp. 78-114), l’auteur rend compte des dernières mutations que connaît cette catégorie sociale. Selon Olivier Galland « la jeunesse se découpe dorénavant en plusieurs phases durant lesquelles les instances de socialisation interviennent de façon plus ou moins intense, tout en voyant leur rôle évoluer au fur et à mesure que les jeunes franchissent les étapes dorénavant déconnectées qui les conduisent vers les statuts adultes » (p. 78). Il argue du fait que « la socialisation de la jeunesse doit donc être considérée sous plusieurs angles à travers les rôles spécifiques qu’y jouent l’école, la famille, la transition professionnelle et, de façon de plus en plus importante, le groupe des pairs ». Puis il ajoute que « les rapports entre les jeunes et la société n'actualisent également au travers d’une socialisation politique et religieuse » (p.78). Mais il semble que le chercheur ait négligé de rappeler d’autres aspects importants de la vie des jeunes telles la socialisation sociale et culturelle qui jouent un rôle significatif dans celle-ci !Pourtant il a bien expliqué et illustré la socialisation scolaire et celle de familiale des jeunes.
Pour conclure, l’auteur souligne que « la jeunesse est autre chose qu’une simple catégorie idéologique même si les usages sociaux de cette notion amalgament abusivement sous ce vocable commun des situations sociales que tout oppose par ailleurs et éternisent une définition des âges qui s’est profondément transformée depuis le moment où, avant le XVIIIe siècle, la condition juvénile ne signifiait rien encore » (p. 115). Ainsi cet ouvrage est-il précieux, l'auteur ayant tenté de mettre au clair les définitions et classifications concernant les jeunes.
Mohammad Mahdi Fatorehchi
CREM, université Paul Verlaine-Metz